Pour faire suite à la conférence du vendredi 1er février, voici une note sur les usages possibles des outils et services de géolocalisation.
La conférence commence par une première démonstration d’un outil de géolocalisation en nous exposant une carte de ville sur laquelle des noms de bâtiments et d’autres lieux sont indiqués. Ma première réaction : « un outil très sympa !!! Oui mais... à quoi cela peut-il bien servir ? ».
De plus, l’un des participants à la conférence semble avoir lu dans mes pensées et pose la question suivante (si les termes ne sont pas exacts, l’idée y est) : cette pratique ne risque-t-elle pas de poser des problèmes en matière d’immobilier ? Après tout, n’importe qui peut déclarer résider à n’importe quel endroit, définir que tel lieu correspond à tel administration... sans que cela ne puisse être contrôlé. La réponse donnée consiste à expliquer que poser cette question revient à remettre en cause tous les principes du web 2.0, où chacun (et tous à la fois) est producteur de la connaissance.
La géolocalisation, dès lors qu’elle permet à tout un chacun de participer à la création de cartes géographique, d’en être producteur, n’échappe alors pas à ce principe. Seulement, la connaissance n’est pas la propriété d’un seul être alors que lorsque l’on parle de zones géographiques, il y a bien un propriétaire.
Mais ce perdre dans ce débat n’en vaudrait finalement pas la peine (du moins dans ce blog) compte tenu des autres usages permis par les outils de géolocalisation. En effet, localiser des endroits pour les nommer, les identifier de manière officielle n’est pas la finalité de tels outils.
L’idée est de permettre à des internautes, des communautés, de partager des informations et de la connaissance sous une forme innovante : en les localisant dans l’espace géographique.
Si d’autres insisteront sur les potentialités de tels outils, je souhaite, pour ma part, m’attacher à répondre à la question qui a interloqué un certain nombre d’entre nous avant la conférence : « à quoi cela peut-il bien servir ? ».
Les usages sont nombreux et peuvent toucher de nombreux domaines. Je vous propose ainsi quelques exemples d’utilisation dans les sphères privée, communautaire, professionnelle et service public.
1/ Sphère privée :
Constitution d’un carnet d’adresses perso utile lors de déplacements répétés :
J’aime les excursions, sortir, je me déplace énormément pour des raisons personnelles ou professionnelles partout en France et à l’étranger. Malheureusement, je suis un peu étourdi et oubli vite ou perd les adresses de mes amis, des restaurants, lieux de balade, musées et autres night clubs que j’ai eu l’occasion de découvrir et dont je garde un bon souvenir.
Lors de mon dernier déplacement à Toulouse, j’ai oublié de passer voir mon ancien ami Lulu (qui habite le coin), je suis tombé sur un restaurant abominable alors que je ne savais pas où dîner et ai fini la soirée seul dans ma chambre d’hôtel alors qu’un bar des plus sympas se trouvait juste à coté de mon hôtel.
J’aurais pu profiter de mon séjour si j’avais noté, au fur et à mesure de mes déplacements, les lieux et adresses intéressants sur ma propre carte et si je l’avais consulté.
2/ Sphère communautaire :
Constitution d’un carnet de bonnes adresses partagé :
Mieux encore, j’aurais pu découvrir de nouveaux lieux intéressants sur Toulouse en consultant une carte recensant les bonnes adresses de restaurants et autres lieux de sortie, créée et animée par des centaines d’internautes, incluant des commentaires, des notations...
Plus ergonomique et pratique qu’un site de référencement de bonnes adresses classique, ce type de carte me permet de visualiser d’un coup d’œil les lieux intéressants pour une zone géographique donnée.
Constitution de guides de voyage :
Dans la même optique des cartes touristiques peuvent être créées par des internautes souhaitant partager leurs expériences. Il est ainsi possible de visualiser, pour une destination donnée, les lieux à visiter, restaurants et logements, activités sportives, excursions... commentées et notées par les voyageurs.
Ce service gagnera à être accompagné par des photos et vidéos et s’avérera d’une grande utilité pour les personnes souhaitant préparer un voyage.
De plus, la création de cartes personnelles pourra permettre au touriste de définir, avant son départ, un circuit de visite et de localiser les lieux retenus pour ses excursions.
Constitution d’un carnet d’adresse avec géolocalisation :
Les services de géolocalisation permettent de localiser des lieux mais aussi des personnes, des membres de communautés... Ils constituent le moyen idéal pour localiser et retrouver des amis, collègues, voisins, anciens camarades de classe... mais également pour rencontrer de nouvelles personnes selon des critères géographique ou d’appartenance à des communautés.
3/ Sphère professionnelle :
Plus sérieusement, les outils de géolocalisation peuvent présenter de sérieux avantages pour les entreprises. Ils peuvent par exemple être utilisés pour :
L’organisation et planification de tournées de livraison
La définition de zones commerciales
La définition du plan des infrastructures, terrains de l’entreprise
Le marquage de l’implantation géographique de l’entreprise et ses concurrents
4/ Sphère service public :
Les outils de géolocialisation sont très utiles pour les administrations publiques. Les usages sont nombreux, mais à titre d’exemple, nous pouvons noter :
La localisation des bâtiments administratifs des services publics :
Utilisation des services de géolocalisation pour localiser, à l’échelle d’une ville, d’une circonscription, d’un département... des mairies, écoles, Espaces Publics Numériques (EPN), hôpitaux, postes de police...
L’identification de zones caractérisées par la présence de services particuliers :
Exemple : répartition nationale des EPN.
L’identification des zones à particularité géographique :
Exemple : zones caractérisées par la présence de carrières, zones classées en zones inondables, zones sismiques, zones non constructibles...
Représentation spatiale du PLU
Dans les domaines des services publics, nous pouvons par ailleurs noter que les outils de géolocalisation pourront permettre la mise au propre et la diffusion de nombreux plans papier restés classés dans les archives des services administratifs et difficilement accessibles par les particuliers.
La présentation de quelques cas concrets d’usages d’outils de géolocalisation nous permet de conclure sur les points forts et limites de ces outils :
Points forts et avantages :
- Création simplifiée de cartes (grâce aux plans de fond proposés et aux outils d’édition intuitifs, simples à utiliser et gratuits)
- Mise à disposition / diffusion de ces cartes ainsi créées à un très vaste public
- Commentaires et notations permis de lieux géolocalisés par tous, partage des points de vue
- Remontée d’informations terrain. La production de cartes n’est plus réservée aux administratifs depuis leur bureau. On peut dès lors supposer que les cartes seront plus proches de la réalité du terrain.
- Création partagée et mutualisation des connaissances et expériences de chacun : l’individu comme producteur de la « connaissance géographique ».
Limites :
- Limite pour le domaine professionnel en ce qui concerne la sécurité des informations, l’accès aux informations sensibles indiquées sur les cartes mise en ligne sur Internet. L’accès à ces informations est-il réellement protégé ? Les mécanismes d’autorisation d’accès proposés par les fournisseurs d’outils/services de géolocalisation suffisent-ils ?
- Revendication de la propriété immobilière
- Contrôle des informations indiquées sur les cartes et modération des informations diffusées
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