Pour compléter ma note précédente, je vous propose une autre vidéo tournée à l’occasion du premier colloque international du droit de l’administration électronique (2006) et dans laquelle Jean-François Copé, à l’époque Ministre délégué au budget et à la réforme de l’État, aborde les enjeux de l’administration électronique.
Vidéo disponible à l’url : http://canalc2.u-strasbg.fr/video.asp?idvideo=5527
La vidéo étant d’environ 20 minutes, je me permets de vous résumer les éléments qui m’ont semblés essentiels sous forme de points-clé.
J’invite toutefois les étudiants travaillant sur le thème des services publics à visionner l’intégralité de la vidéo.
Points-clé :
- Le droit dans le domaine de l’administration électronique est encore relativement neuf. Beaucoup de choses restent à cadrer et à définir. Ce n’est qu’une fois ce travail accompli que l’administration électronique pourra passer « à la vitesse supérieure ».
- Jean-François Copé note un certain décalage entre l’intérêt des français envers les NTIC (qui sont « très consommateurs de nouvelles technologies » (CF : succès de la déclaration et paiement des impôts sur Internet - 6 millions de télédéclarants en 2006)) et l’implication des responsables politiques, qui sont encore parfois « un peu lents à s’approprier le sujet ».
- L’administration électronique s’inscrit dans le cadre de la modernisation de l’Etat, plus précisément de la réforme de la gestion du budget de l’Etat (géré sous la forme de missions). La LOLF (loi organique relative aux lois de finances) en est la base et permet notamment une meilleure transparence de la gestion du budget, la mise en exergue et le contrôle des économies réalisées, la maîtrise de la dépense publique. En cela, elle constitue un « outil de modernisation majeur ».
- Les changements induits par le développement de l’administration électronique sont au service :
-- des usagers : qui paient l’impôt et ont, à ce titre, le droit de revendiquer et d’accéder à des services de qualité. Jean-François Copé mentionne même les termes « client-roi » lorsqu’il parle des citoyens, usagers des services publics, et « zéro défaut » lorsqu’il évoque les services délivrés par les organismes publics. Ceci renforce l’idée déjà mise en avant dans une précédente note selon laquelle le statut du citoyen est véritablement en profonde transformation (le « citoyen » devient « client »)
-- des agents : Jean-François Copé affirme que beaucoup d’agents perçoivent ces changements de manière très positive. Ces changements constituent un véritable « instrument de modernisation, d’émulation, de motivation ». Jean-François Copé poursuit sur le parallélisme sous-entendu entre service public / entreprise en évoquant l’idée suivante : « Nous devons aller dans une logique d’intéressement » aux résultats.
- Tous ces changements exigent de mettre en œuvre, au sein des administrations, un solide back office, constitué, entre autre, par des outils informatiques adaptés et donc, par la refonte de l’ensemble des systèmes des administrations, et ce, toujours dans une « logique d’évaluation ».
- La « source première de gain de productivité » est clairement la « généralisation de l’administration électronique ».
A ce propos, il est rappelé que l’utilisation des services de l’administration électronique a véritablement explosé durant les derniers mois sur les deux dernières années (la majeur partie des déclarations d’embauche sont effectuées en ligne, la quasi-intégralité des demandes de casiers judiciaires est effectuée via Internet, il en va de même pour les changements d’adresse...)
- Les objectifs fixés dans le cadre de ce discours sont les suivants :
-- La dématérialisation totale des démarches administratives d’ici fin 2007
-- La mise à disposition en janvier 2007 de 600 téléprocédures sur un portail Internet unique
- Les innovations devront porter ensuite davantage sur :
-- La personnalisation de l’administration en ligne (notamment avec le projet « monservicepublic.fr », qui est un portail personnalisé sécurisé permettant aux usagers de télécharger et stocker au format numérique de nombreux formulaires administratifs, des pièces administratives, des avis d’imposition, des bulletins de paie...)
-- La diversification des services proposés en ligne (de la demande d’acte de naissance, aux services douaniers, en passant par la dématérialisation des flux et des échanges comptables entre les collectivités locales et l’Etat...)
- Ce discours se clôture sur les points forts de la politique de l’administration électronique, à savoir :
-- Une « présence sur l’ensemble du territoire »
-- Une « présence dans l’ensemble des sphères de l’administration de l’Etat »
-- Un « partenariat entre l’Etat et les Collectivités Locales »
-- « Le tout au service des usagers »
- Enfin, Jean-François Copé soulève la nécessité de mener une politique de comparaison au niveau international afin de mutualiser les efforts réalisés dans le domaine de l’administration électronique et d’échanger sur les bonnes pratiques.
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