Daniel Calin, lors des « Journées du libre" en Picardie », présentait 6 pistes sur l’intervention de l’usage de l’outil informatique pour l’apprentissage des enfants en difficulté scolaire ou handicapés.
Les outils logiciels concernés sont simples, basiques : bureautique de base, traitement de texte, logiciels de dessins, de documentation, éducatifs, voire ludo-éducatifs, et parfois des didacticiels.
1. La neutralité de l’outil informatique facilite la médiation
On estime à 10% le nombre d’enfants présentant des difficultés d’apprentissage.
Contrairement à la croyance générale, la déshumanisation introduite par l’ordinateur facilite la relation humaine élève/professeur : ce n’est plus l’enseignant, mais la machine qui signale à l’enfant son erreur. L’enfant accepte mieux les « jugements négatifs » de la machine sur son propre travail. Cette facilitation relationnelle de l’informatique se poursuit par l’acceptation de l’aide extérieure de l’enseignant dans la confrontation de l’enfant à l’ordinateur.
2. L’hétérogénéité entre élèves est d’autant plus grande avec des enfants en difficultés.
L’ordinateur permet d’introduire à la fois une simplification et une différenciation des tâches : l’ordinateur est un outil de différenciation pédagogique, à l’opposé du B2i (brevet internet et informatique). Il offre aussi l’immense avantage de la correctivité immédiate et renforce par là l’autonomisation des élèves.
3. La souplesse des outils numériques facilite le travail de l’apprentissage.
Le droit à l’erreur est au coeur du processus d’apprentissage, il suppose la production, la possibilité de revenir sur ses erreurs.
Le numérique rend possibles, faciles et indéfinies les corrections. Il y a un lien fort entre cette caractéristique centrale de l’outil informatique et la logique de l’apprentissage, selon laquelle on apprend que lorsqu’on se trompe.
4. L’apprentissage de ces enfants est rendu délicat, voire impossible, du fait de leurs difficultés de focalisation de l’attention.
Pour la quasi-totalité des enfants, l’ordinateur présente un avantage magique : face à l’ordinateur, la capacité d’attention soutenue est fortement augmentée, du fait de l’écran, de l’interactivité.
D’ailleurs, toute personne pratiquant l’outil ordinateur peut expérimenter cet accroissement de l’attention. Le phénomène est général et tient à la technicité de l’outil, à son organisation et sans doute à son interactivité.
5. L’univers informatique, en particulier logiciel, est un univers structuré . Il suppose que l’on obéisse à un certain nombre de procédures, de l’allumage à l’organisation logicielle. Ce caractère joue un rôle positif : il imprègne les enfants, à condition que l’usage soit régulier. Ainsi, l’outil informatique introduit des effets structurants pour l’enfant démuni, ll met de l’ordre dans sa façon de penser par le simple usage de l’outil.
6. Certains enfants, parmi les plus déficients, présentent des difficultés, non pas à ordonner leurs idées, mais à avoir des idées, à penser.
Un enfant ne parvenant pas à agir sur ses images mentales, en utilisant le clavier ou la souris peut tracer ses activités mentales sur l’écran. Même une activité sans sens, en transformant ses images mentales en visuel, rend possible une activité plus organisée.
L’outil informatique permet à l’enfant de visualiser le processus mental qu’il n’arrive pas à soutenir. L’ordinateur devient un appareillage de la pensée.
Daniel Calin précise que, bien évidemment, l’ordinateur ne résout pas tous les problèmes des enfants. Il permet sur un certain nombre de difficultés de proposer des portes d’entrées dans l’apprentissage et dans la pensée.
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